Je bois trop. Je fume trop. Je le sais tout ça. Mais que voulez vous ? Quand plus rien ne nous atteint, quand plus rien n'a d'importance. Quand on a l'impression de ne plus rien avoir à perdre. Quand on est vide. Il faut bien combler ce manque. Chacun à sa façon. Désillusionnée.
Et je ris. Je ris aux éclats même. D'un rire incontrolable. Je ne sais pas où je vais, et encore moins pourquoi. Tout se barre en couille. Et pourtant, je ne vais pas mal. Je ne vais pas bien non plus, c'est vrai. En fait, je ne vais pas tout court, puisque je suis déjà morte à l'intérieur. Je vis en sursis. Vous aussi d'ailleurs. Sauf que vous ne le savez pas forcément. On fait semblant, toujours un peu plus. Et plus on avance, plus on se rend compte que c'est inutile, que ça ne mène à rien. Nous sommes tous ephémères. A quoi bon s'épuiser à vouloir donner une bonne impression de nous ? Qui s'en souviendra dans cent ans ? A force de vivre pour les autres, on ne vit plus tout court. Et ça fait mal de s'en apercevoir. D'ouvrir les yeux. Certains ne les ouvriront jamais, ils portent le doux nom de cons. Persuadé que tout va bien autour d'eux et que si tout le monde faisait comme eux, tout irait bien. Ils sont tellement naïfs ... D'autres les ouvrent bien trop tôt et se prennent dans la gueule une réalité qui fait mal, surtout quand on n'est qu'un enfant. Alors ils vivents à cent à l'heure et se brûlent les ailes. Qu'ont-ils à perdre ? La vie est précieuse, on n'en a qu'une. C'est sûr. Mais je ne veux pas survivre. Je veux vivre. Vivre, quitte à tomber de haut.Quitte à devenir quelqu'un d'autre.Quitte à arrrêter mes anxiolitiques.Quitte et
Génération perdue.